Signes Traces Empreintes

 

 Nous ne nous tenons jamais au présent, écrivait Pascal vers 1660, dans Les Pensées. Le pur présent n'existe pas. Chargé de souvenirs et de rêves, comme un animal traqué, il s'enfuit dans l'épaisseur du temps. Cette fuite éperdue laisse pourtant des signes, des traces et empreintes de son passage. L'artiste, comme un guetteur à l'affût, capte ces signaux silencieux. A sa manière, il leur donne vie, les trace, les imprime, les imprègne, les grave, les sculpte... Par l'alchimie de l'œuvre, la fugacité du temps devient matière.

Papiers, buvards, toiles, collages, estampages, matières griffées, grattées, métal froissé, compressé ... Nombreux sont les matériaux et les techniques qui se chargent du poids de l'instant qui passe. Ainsi, chacun des trois artistes que nous présentons, Monique Dollé-Lacour, Pierre Duclou, Elisabeth Oulès, trace son chemin à travers sa mémoire et son imaginaire, et renvoie tout un chacun à sa propre durée.

 

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La part de l'ombre

« Il y a en nous quelque chose de sombre qui rend plus lumineuse la vie » dit le poète et cinéaste Pasolini. Mais que voit-on de l'ombre?

Quand grandit la part de l'ombre, l'imagination règne en maître et la raison, naufragée, s'efface. De cette plongée dans les profondeurs, certains artistes font surgir des êtres effrayants et fascinants. Dans la célèbre gravure de Goya, jaillissent des monstres engendrés par le sommeil de la raison. Ces monstres exorcisent nos angoisses et cette catharsis, paradoxalement, nous rassure et nous comble. Car cette part d'ombre est lucidité, et cette lumière intérieure, pourtant noire, nous aide à affronter le sentiment tragique de notre finitude. Ainsi seront présentées les œuvres d'Isabelle Vialle, Hans Jorgensen, Christophe Biskup et Jean-Marie Cartereau. Chacune à sa manière, partage notre inquiétude pour la mieux tenir à distance et ainsi nous rendre plus forts.

 

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Bernard THOMAS-ROUDEIX - Philippe RILLON, Oeuvres anciennes

Bernard THOMAS-ROUDEIX est peintre et céramiste. Depuis les années 60, et l' Ecole des Beaux Arts, son parcours artistique croise celui de Philippe RILLON peintre lui aussi, et désormais directeur artistique de la galerie. Ces deux là partagent donc une complicité de longue date. Aussi allait il de soi de leur donner carte blanche pour interroger chacun dans le développement de son œuvre, ses permanences et ses variations. L'exposition concentrera pourtant son propos sur les quinze dernières années avec un accrochage qui soulignera l'effet de contraste entre les deux artistes comme entre les périodes de chacun.

 

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LE DESSIN ou la probité de l'art

Dessins: Christophe Biskup - Frédéric Brigaud - Georges Bru - Jean-Marie Cartereau - Nadine Cosentino - Jean-Marc Ehanno - Michèle Iznardo - Michel Madore - Gottfried Salzmann

Sculptures: Frédéric Brigaud


24 septembre – 1er novembre

L’exposition est une coupe partielle dans la pratique contemporaine du dessin. Elle ne cherche en aucun cas à renouer avec un «néo-classicisme» depuis longtemps dégénéré en académisme stérile. Alors, n'aurait-il pas fallu mettre au moins un point d’interrogation après cette célèbre citation de Monsieur Ingres, Le dessin est la probité de l'art?

Le dessin a depuis longtemps dépassé sa fonction originelle de «projet» (dessin et dessein sont étymologiquement synonymes); il n’est plus qu’accessoirement croquis ou esquisse. Devenu art autonome, il est recherché désormais exclusivement pour lui-même. Ses frontières avec les autres formes d'art se sont estompées, sans pour autant gommer entièrement sa spécificité. Depuis la Renaissance, les amoureux de beaux papiers, de belles feuilles et du bel ouvrage poursuivent la tradition des cabinets d’amateurs. La fragilité du dessin, et ses dimensions parfois modestes sont paradoxalement devenus ses principaux atouts, au point que se sont multipliées manifestations et expositions qui lui sont consacrées.

Les artistes qui pratiquent exclusivement le dessin sont rares. Quelques-uns ont conquis la reconnaissance de cercles toujours plus larges d'amateurs avertis. Parmi eux nous avons choisi les neuf artistes de cette exposition.

Et puis, le dessin demeure le chemin le plus court et le plus naturel vers le sentiment esthétique. Il est émotion esthétique instantanée, celle qui ne ment ni ne triche… car le bon dessin est comme une évidence. Il témoigne de l’authenticité de l'artiste, il est son épreuve de vérité, la probité de son art.

 

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Paysages intérieurs


« Paysages intérieurs »

Françoise BERTSCH, DUKA, Jean Francois TABURET, peintres, Yukichi INOUE, sculpteur

4 juin - 12 juillet 2014


Voir un paysage, comme le reflet d’un état d’âme, plutôt que comme un point de vue, est un lieu commun du romantisme en littérature et en peinture. Projeter son intériorité sur la nature est une caractéristique essentielle de la modernité en art. Mais les quatre artistes que nous présentons vont bien au-delà du poncif. Chacun à leur manière, ils dépassent le vis-à-vis avec le paysage, le défont, pour vibrer à l’unisson de la nature. Toutes les dimensions de l’expérience sont mises en œuvre au delà du seul regard. Ils installent une indivision entre le sujet et l’objet, entre « le sentant et le senti » selon l’expression du philosophe Merleau-Ponty.

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Mythologies intérieures

 

 

La galerie ART aujourd’hui explore la dimension mythologique de l'art avec trois artistes qui réveillent en nous la mémoire primordiale des mythes.  Leurs œuvres ne sont pas des objets mais des choses qui nous regardent et nous renvoient aux images et récits qui, depuis toujours, tendent les miroirs dans lesquels se reflète l'humaine condition. Comme les mythes, elles la dévoilent sans en déflorer le mystère. Elles interrogent plus qu'elles ne répondent et donnent corps à un imaginaire intemporel et universellement partagé.

Un subtil fil d’Ariane unit ces trois œuvres, mais au sortir du labyrinthe, nous saisit l’ardent désir d'y retourner pour demeurer encore dans ce monde enfin ré-enchanté: La Grèce antique, si riche en personnages mythiques avant d’être le  berceau de la philosophie, l’Afrique, terre des esprits et des fétiches, et bien d’autres contrées parcourues de chamanisme s’emparent de l’imaginaire de l’artiste et chuchotent les secrets de la magie à qui regarde les œuvres.

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Figures de l'ogre

Figures de l'ogre

Pierre DESSONS, peintures et sculptures, Marc GIAI-MINIET, peintures, boîtes et gravures.

5 mars  - 13 avril

 

 

Exposer Marc GIAI-MINIET et Pierre DESSONS est toujours risqué tant ces deux artistes dérogent aux habitudes du "monde de l'art". A rebours de ses  attitudes postmodernes, ils "interrogent" et "questionnent" rudement sur le sens de l'existence alors que l'époque manifeste un manque complet de repères et d'imagination dans la hiérarchisation de ses valeurs.

Marc Giai-Miniet et Pierre Dessons dérangent, parce que leurs univers, aussi différents soient ils l'un de l'autre, creusent la part d'ombre qui est en nous. Ils arrachent le masque pudique des "bons" sentiments et du "bien" convenu. Ils font l'Ogre, figure issue des terreurs enfantines et des profondeurs infernales. Giai-Miniet et Dessons, disent la difficulté du rapport à "l'autre", le caractère illusoire et furtif de l'échange. Avec le Sartre de "Huis clos", ils pourraient dire: "l'Enfer c'est les autres". Or, l'enfer est aussi en nous, et s'il advient que leur imaginaire rencontre notre quotidien c'est pour souligner le caractère d'"inquiétante étrangeté" (S. Freud) d'un monde perçu comme devenu subitement hostile et angoissant. Pourtant leurs singuliers théâtres des métamorphoses, ouvrent, pour qui sait voir, vers de nouvelles formes du beau, pour bien dire les paradoxes de notre temps. Peintres, ils ne font pas de jolies images mais des œuvres belles. En réaffirmant la toute-puissance de l'Art et de la pensée ils ré enchantent le monde d'un soupçon salutaire d’animisme. Et l’Ogre est bienheureusement tenu à distance par une forte dose de cet humour noir cher aux surréalistes.

 

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Singularités plurielles

(Deux artistes singuliers dans l’art d’aujourd’hui.)

23 Octobre - 30 Novemmbre 2013

Marc PRIALNIC – Jean-Paul SOUVRAZ

Il peut sembler paradoxal  de présenter dans une même exposition les œuvres de deux artistes aussi incompatibles que Marc Prialnic et Jean Paul Souvraz.  Chacun d’eux a creusé sa singularité en une œuvre si unique, que ses contours sont désormais étrangers l’un à l’autre comme ceux d’îles situées aux antipodes de l’archipel que serait devenu l’art aujourd’hui. L’imaginaire, l’art ne craignent ni la contradiction ni les paradoxes. Nous avons donc délibérément choisi le contraste de ces deux expressions singulières:

  • Quand Souvraz exalte la couleur, Prialnic nous plonge dans l’ombre du « dedans »…
  • Quand Souvraz nous entraine dans un truculent carnaval, Prialnic invoque les fantômes du passé…
  • Quand Souvraz met en scène d’improbables créatures, mi- humaines mi- animales, Prialnic invoque inlassablement une énigmatique figure sans visage…

L’art d’aujourd’hui n’est plus délimité par des courants dans lesquels la critique inscrit les œuvres. Le temps des avant-gardes est révolu. Chaque artiste désormais invente forme et contenu de sa propre singularité. Unique en son genre, il doit ne ressembler à aucun autre. Ainsi en va-t-il de Prialnic et Souvraz. Leur singulière authenticité, seule et paradoxalement, nous a permis de les rapprocher.

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L'esprit, la forme

Du 11 septembre au 20 octobre 2013

Pierre Saint-Paul, peintures et Pierre Martinon, sculptures

Pour son exposition de rentrée, la galerie ART aujourd’hui est le lieu d’une rencontre rare: celle du peintre Pierre Saint-Paul et du sculpteur Pierre Martinon. Ces deux artistes ne se connaissaient pas auparavant, mais leur présentation conjointe nous a immédiatement semblé s'imposer comme une impérieuse et évidente nécessité. De la confrontation entre la peinture de l’un et la sculpture de l’autre se dégage une profonde unité. L’esprit qui habite leurs œuvres s'incarne, par delà leurs différences, entièrement dans la forme qu'ils donnent à voir. Elle n’est jamais, pour eux, illustration d'une idée (ou pire encore d'une quelconque anecdote ou vaine affeterie décorative) mais la seule tentative possible de sa réalisation. «La forme, c’est du contenu sédimenté» disait le philosophe allemand Théodor. W. Adorno; sa formule convient parfaitement aux œuvres de Pierre Saint-Paul  et de Pierre Martinon.

 

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"Ineffables présences"

Du 12 juin au 14 juillet

Franck Duminil, Pierre Duclou, Imai (peintres)

Pascale Proffit (sculpteur)

 

Pour sa troisième exposition, la galerie ART aujourd’hui explore un aspect plus « existentiel » de la création artistique.

Une œuvre d’art authentique s’impose à nous avec une sorte d’évidence. C’est sa manière  « d’être au monde ».Elle n’a besoin de rien d’autre que d’elle-même pour exister et imposer sa présence.

Le philosophe allemand Walter Benjamin désigne par le terme d’Aura cette présence exceptionnelle de l’œuvre d’art. En référence à l’auréole de lumière qui entourait la tête des personnages sacrés dans la peinture byzantine, le rayonnement de l’œuvre s’impose à qui sait la regarder. L’Aura est ce« je ne sais quoi «, ce « presque rien » qui transforment un travail artistique en œuvre d’art. Cet élément est ineffable et participe pleinement du mystère de la création.

L’œuvre des quatre artistes s’impose, chacune à sa manière, précisément par ce « je ne sais quoi »  qui est la source vive de l’émotion esthétique.

 

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«Dé-figuration»

2ème exposition du 11 mai au 9 juin 2013
Jörg Hermle, Bernard Le Nen et Bernard Thomas-Roudeix

Pour sa deuxième exposition, La Galerie ART aujourd’hui prend le risque du grand écart. De l’exquise délicatesse de l’aquarelle, nous voici projetés dans la fureur d’un expressionnisme contemporain.

Les trois artistes que nous présentons : Jörg Hermle, Bernard Le Nen et Bernard Thomas-Roudeix, nous précipitent dans un univers inquiétant, insolite, extravagant, angoissant, insoutenable… Nul qualificatif n’est suffisant pour définir ces mondes étranges et pourtant si proches de notre humanité.

Bigots et frileux, s’abstenir !

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«Eloge de la délicatesse»

Première exposition: du 4 avril au 5 mai 2013

Gottfried Salzmann - Wolfram - Nicole Bottet - Gisèle Lacroix

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